Les peurs de la création d'entreprise

SOS création entreprise: les peurs du début.

Hier, via des réseaux sociaux, j’ai organisé une rencontre sur la création d’entreprise pour discuter des freins que chacun rencontrait dans cette envie de « créer son entreprise ». Sur 15 personnes qui ont répondu à l’appel de cet after-work création d’entreprise, toutes avaient de bonnes raisons de ne pas se lancer tout de suite ; Je vous en livre de manière brute ce qui m’a été évoqué.
A ma question « Quelles sont les raisons qui vous empêchent de créer votre entreprise » pêle-mêle les réponses ont fusé :

« La conjoncture actuelle »

La crise est une opportunité, c’est dans les périodes de turbulence que l’on peut progresser rapidement si l’on trouve la bonne rupture, il faut faire travailler votre créativité. Je vous livre ma méthode plus loin sur ce point.

« Le capital de départ »

Il faut un minimum pour débuter. Ce peut être parfois conséquent selon le marché visé (ex : investissement industriel). Cependant on a trop souvent tendance à vouloir fabriquer avant de vendre. Je ne dis pas qu’il faille vendre avant de faire, mais il ne faut pas négliger la démarche de type lean-startup . Elle permet de fabriquer son offre de manière « agile » en la vendant. Il existe des processus collaboratifs qui permettent d’associer vos futurs premiers clients à la démarche de construction de l’offre. De plus vous proposerez une vraie réponse à un besoin et non votre réponse à un besoin.
Enfin, dans une telle démarche il vous sera plus facile d’ouvrir progressivement votre capital si c’est un besoin nécessaire. N’oubliez pas « small is beautifull » et ce n’est pas qu’un phénomène de mode, pour preuve, ce courant de pensées fête ses 40 ans. ( small is beautifull by Ernst Friedrich Schumacher)

« Un mari trop possessif »
Change de mari, mais garde ton humour, c’est nécessaire en tant qu’entrepreneur (enfin entrepreneuse dans ton cas) pour faire face à l’adversité et dédramatiser des situations 😉

« Trouver la bonne idée »

Ce doit être avant tout votre bonne idée, vous devez vous l’approprier. Pour cela il faut développer votre capacité créatrice, il faut sortir de la norme, prendre du recul, retrouver votre âme d’enfant car, lorsque l’on est enfant on n’a pas de limites (les limites se sont les adultes qui nous les imposent « ne déborde pas de la feuille quand tu dessines », et pourquoi ? si j’ai envie de sortir du cadre moi !!!)
Tiens, une idée qui me vient en écrivant cela. Pour les artistes, faites nous des tableaux avec une plaque blanche sur laquelle vous fixez votre tableau, puis faites déborder votre œuvre en dehors du cadre sur cette plaque. Il ne reste plus qu’à faire le tour des galeries d’art de la 5th avenue de fixer un prix de vente à 6 chiffres minimum et hop ça cartonne !!!
En fait, si vous cherchez bien au fond de vous, je suis sûr que cette âme d’enfant n’est pas éteinte, le tout est de lui accorder de l’attention, de l’attention bienveillante. Oui bienveillante, il ne faut pas forcer les choses, vous ne pouvez pas trouver une idée comme ça en vous répétant sans cesse, je dois trouver une idée, je dois trouver une idée. Vous devez laisser venir les choses naturellement ; Vous devez juste guider votre cerveau en lui donnant un focus sur un domaine qui vous passionne, de préférence, mais pas obligatoirement.
Vous ne vous en rendez pas compte parce que vous n’y accordez pas d’attention, mais il vous vient une multitude d’idées en permanence, le problème n’est pas d’en avoir mais de les sélectionner et de ne pas les oublier ; ensuite il faut les passer en revue et les enrichir. Pour cela moi je fonctionne de manière simple, je m’isole au calme et je pense à un sujet qui me passionne, ensuite les idées fusent dans tous les sens, je n’en écarte aucune, j’ai mon iPhone à côté de moi avec siri, je m’en sers en dictaphone je les note à la volée.
Ensuite, les jours qui suivent, je les relis le matin en me levant avant de prendre ma douche, en prenant mon café ensuite, dans la salle de bains, je garde mon iPhone à côté de moi, il a appris à être étanche par la force des choses !!! Après avoir relu mes notes de la veilles les idées complémentaires viennent, je ne loupe aucune de ses idées, je les dicte toutes, je passe un peu pour un fou dans la maison. Dans les jours qui suivent, je réfléchis sur les modèles économiques possibles qui entourent ces idées et je continue le processus jusqu’ à ce que j’obtienne un truc ou je me dis « Oh punaise, ça va cartonner », ensuite je commence à en parler autour de moi, amis, famille, personnes de confiances, etc…
La suite, c’est la prise de décision d’abandonner le concept ou de le retenir pour lui accorder du temps et de l’énergie afin de bâtir un plan d’actions.

« Doute sur mes capacités »

Là il y a 2 possibilités, soit il vous manque effectivement certaines compétences, soit vous manquez de confiance en vous. J’aurais tendance à dire qu’il y a certainement des deux. Quoiqu’il arrive, les deux se travaillent. Pour le manque de compétences, voir le blocage suivant qui le rejoint. Pour vaincre le manque de confiance en soi, il existe beaucoup d’écris sur le sujet, je vous laisse chercher sur internet car je ne suis pas un expert en la matière.
Quoiqu’il en soit c’est une aptitude qui se développe et qui s’entretient. Oui, cela se développe et cela s’entretient car ce n’est pas immuable. Il y a des périodes où vous avez confiance en vous et des périodes où vous doutez. Le truc que j’ai trouvé et qui fonctionne pour moi, c’est de fermer mes yeux, de dérouler ma vie en arrière, stopper avant un événement difficile de ma vie, une épreuve que j’ai eu à surmonter, aussi bien personnel que professionnel, puis de reprendre la lecture en marche avant comme un film qui a été mis sur pause. Je passe assez vite la séquence douloureuse, puis je passe plus lentement la séquence heureuse de résolution du problème qui a suivi. Je reviens en arrière, mais juste sur la séquence heureuse et je le repasse 5 fois. Pourquoi 5, je ne sais pas, pour moi c’est 5, à partir de là je me sens remonté à bloc donc inutile de continuer, après c’est de l’acharnement thérapeutique !!!

« Mon manque de formation »

Ce que cette personne a voulu dire par là est, je pense, le manque de certaines compétences. Cela est souvent le cas. Et alors la belle affaire !!! Les compétences s’acquièrent et les aptitudes se développent, non? Gandhi a dit: « Vivez comme si vous deviez mourir demain. Apprenez comme si vous deviez vivre éternellement ».
Nous vivons dans une formidable époque où le savoir n’est plus la chasse gardée d’une élite, il est accessible à tous via internet. Il faut faire le tri certes, mais il existe même des projets où vous pouvez suivre en e-learning les cours d’Harvard gratuitement !!!! So what, just do it.

« La peur d’échouer »

Là, on touche un point essentiel, ce point est revenu à plusieurs reprises. Vous allez devoir apprendre à négocier avec vos peurs car vous ne les effacerez jamais. Elles sont même presque nécessaires, car avec un bon dosage elles nous permettront de rester dans une zone de risque acceptable. Entreprendre c’est prendre un risque. Hors, ce risque doit être mesuré et calculé. Imaginez un détecteur de risque comme un compteur Geiger, quand vous entrez dans la zone rouge ça crépite à tout va et vous faites marche arrière. La peur c’est votre compteur Geiger du risque, vous devez négocier avec vos peurs pour étalonner votre compteur de risque pour savoir où vous placez la zone rouge à ne pas franchir. Voilà pourquoi il faut négocier avec ses peurs et ne pas devenir un fou furieux irréfléchi. Soyez téméraire mais pas irréfléchi. Le téméraire est celui qui a décidé de faire un saut de chute libre, il monte dans l’avion après avoir été assidu à la préformation sol pour son saut PAC, profite de la montée pour répéter mentalement les gestes de la procédure d’ouverture puis de la PDS (procédure de secours), vérifie ses sangles et puis le moment venu, il saute au « Go » sans hésitation. L’irréfléchi, plus connu sous le nom de guignol en restant poli, n’a rien écouté au sol, se marre comme un perdu, puis une fois dans l’avion commence à poser les questions, réalise qu’il a pris des chaussures inadaptées, qu’il ne pourra pas éjecter si elles se coincent dans les suspentes en cas de mauvaise position à l’ouverture puis finalement au top hésite, hésite mais y va quand même parce qu’il a des débiles.

 

On en parle sur Facebook...

4 Comments

  • Ludovic BAILLEUL

    Reply Reply juin 7, 2013

    On se retrouve tous un peu dans chacune des raisons.
    A un moment, il faut quand même se lancer et « le filet apparaitra » !

  • LL

    Reply Reply juin 10, 2013

    Bonjour,
    Joli article…
    Merci de me faire parvenir la fin…

    • Olivier PICARD

      Reply Reply juin 10, 2013

      Bonjour c’est prévu, je dois le terminé pour la fin de semaine. Si vous êtes inscrit sur blog vous le recevrez car je l’enverrai à tous les inscrits dès qu’il sera terminé.

  • Bonjour, j’ai participé à cette rencontre. Un bon moment de partage, je recommande à ceux qui ne connaissent pas Olivier de le rencontrer. Atelier Création d’entreprise très sympa et péchu.

    A la prochaine.

    Christophe

Leave A Response

* Denotes Required Field