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Risque choisi ou risque subi ? Évitez la stratégie de l’espoir.

La notion de prise de risques est souvent associée au monde de l’entrepreneuriat et c’est à juste titre car, lorsque l’on souhaite se mettre à son compte on prend un risque, le risque de ne pas réussir. Ne pas essayer évite ce risque mais dans ce cas on récolte la certitude d’avoir échoué par renoncement.

Qui n’a jamais eu l’envie ne serait-ce qu’un court instant, de se mettre à son compte un jour ? Il ne faut pas se mentir, je suis certain que 99% d’entre nous y ont pensé à un moment ou un autre dans leur vie.

Alors à ceux qui ont fait le choix de ne pas tenter l’aventure de la création d’entreprise pour éviter le risque, je voudrais leur dire la chose suivante : vous prenez le pire des risques, le risque subi !!!!

Le risque de vous retrouver licencié et ne de pas retrouver de job facilement!!! Vu les contraintes juridiques et sociales qui entourent la création d’emploi dans notre beau pays, le chômage de masse n’est pas prêt de diminuer. Sans vouloir entrer dans des débats politiques qui ne sont pas l’objet de cet article, vous n’avez qu’à regarder autour de vous comment l’économie de ce pays évolue.

Pour les « séniors », passé la barrière fatidique des 45 ans (peut-être même 40 maintenant) vous vous retrouverez dans la catégorie à risques. Risque d’être licencié au premier coup dur de votre groupe et risque de vous enfoncer durablement dans ce chômage de masse à cause du jeunisme qui règne sur le marché du travail français.

Pour les « juniors » (moins de 25 ans) par manque d’expérience, vous prenez le risque de galérer à trouver votre premier job si vous n’avez pas le bon diplôme. Pour les autres, durant votre fenêtre de tir optimum, c’est-à-dire entre 25 et 40 ans, vous risquez de vous retrouver dans un job où vous n’êtes pas reconnu à votre juste valeur par une hiérarchie lourde et inefficace, avec un salaire qui vous permettra juste de survivre dans un stress oppressant en vous endettant sur 30 ans pour vous loger.

Alors quelle catégorie de risques choisir ?

Le « risque choisi » ou le « risque subi ».

C’est bien le fond de la question. Il y a 2 catégories de risques, celui qui est choisi ou celui qui est subi. Lequel choisissez-vous ?

La seule stratégie possible à adopter fasse a un risque subi est la stratégie de l’espoir. L’espoir que ça se passe au mieux puisque rien ne dépend de vous. L’espoir fait vivre, comme le dit le proverbe. Mais dans la réalité, les résignés ne font que survivre à leur désillusion.

« Si l’espoir fait vivre, ceux qui vivent d’espoir meurent de faim », Arsenic.

Resterez-vous longtemps dans cette stratégie de l’espoir, que la solution vienne des autres, de votre boss, de vos politiques, … Sur ce point je vous laisse lire l’article de Jacques Attali que je trouve très intéressant : « Débrouillez-vous ! »

Quand vous aurez pris conscience que le risque est omniprésent et qu’il y a seulement deux catégories de personnes face aux risques : ceux qui choisissent leurs risques et ceux qui les subissent.

Quand vous aurez pris conscience de cela, vous aurez fait une grosse partie de travail sur la transformation qui vous donnera la capacité de ne pas écarter la possibilité de « se mettre à son compte ». Vous pourrez alors, enfin, prendre la décision de consacrer le temps nécessaire à la considération puis la concrétisation de votre création d’entreprise, que ce soit pour sauter le pas et quitter un job insatisfaisant, ou que ce soit pour obtenir des revenus complémentaires.

Pour ceux qui n’auraient jamais vu la notion de risque sous cet angle, laissez-moi vous expliquer comment je manage le risque. Oui, on peut gérer et manager le risque dès l’instant que c’est un risque choisi et plus un risque subi. J’ai pris le temps de faire un reverse engineering sur mes méthodes de travail pour voir si j’évaluais un risque au feeling, ou si je suivais un processus structuré. Ce travail fut intéressant car j’ai découvert que la majorité du temps je suivais un schéma.

Tout d’abord, il faut avoir des idées et pour cela il faut canaliser sa créativité. Je sais bien que bon nombre d’entre vous s’estiment peu ou pas créatifs du tout. Vous avez tort, nous sommes tous créatifs, la créativité c’est l’association d’idées, de pensées qui mène à de nouvelles idées. Ceux que l’on considère créatifs ont simplement appris à canaliser et structurer ce phénomène. Pour ceux qui souhaitent approfondir cet aspect, je détaille mes méthodes dans cet article : Comment améliorer votre créativité ?

Pour revenir sur le sujet de la prise de risques, globalement à chaque nouvelle idée de business, j’essaie d’évaluer l’investissement minimal nécessaire pour valider la viabilité de mon idée. Après, s’il faut réinvestir pour la développer au cas où cela fonctionne, ce n’est plus le même niveau de risques, car il y a une base de départ et la validation du concept est faite. Du coup, la vraie prise de risques est surtout liée à l’investissement minimal pour obtenir la réponse à la question : est-ce que cette idée de business trouve ses clients ?

Je me pose la question : suis-je prêt à perdre cet investissement, en considération du gain potentiel si ça marche et du gain résiduel si j’échoue ?

Il y a toujours un gain résiduel, si vous échouez, vous aurez appris des choses, vous aurez noué des contacts et vous n’aurez pas ce « j’aurais dû essayer qui vous trottera dans la tête vers la fin de votre vie ».

Pour mesurer grossièrement cet investissement minimal, je commence par en qualifier sa nature.

Quel montant dois-je investir, combien de temps dois-je y consacrer, à quoi dois-je renoncer pour aller dans cette voie ?

Cela se résume donc souvent pour moi à du temps, et de l’argent. Parfois aussi du renoncement, dois-je renoncer à une composante de ma vie actuelle?

Puis je segmente mon projet en me posant la question de savoir quels seront mes principaux postes d’investissement. Ceux qui reviennent souvent sont :

  • le marketing et la vente : comment me faire connaitre ? Quel est le coût de ma publicité, quel est mon circuit de vente,
  • la structure : ai-je besoin de locaux, de matériel, puis-je démarrer seul ou dois-je recruter du personnel dès le début,
  • la production : dois-je financer un stock ? Que ce soit de matière première ou de produit fini. est-ce que je maitrise le cycle de production ou dois-je me former, sous-traiter,…
  • le juridique : Quel est le poids du juridique dans l’activité envisagée ? Est-ce un marché réglementé ? Un marché à risques ?

J’organise les réponses sous forme d’une matrice dont les axes sont d’un côté la nature d’investissement (temps, argent,…) et de l’autre les segments de l’investissement (Marketing, structure, production, juridique,…)

En général à l’issue de cet exercice, on arrive à une somme d’argent à investir avec une quantité de travail à fournir et des renoncements à faire.

Arrivé à ce stade, un premier niveau de décision intervient, c’est le stop ou encore ? Si dans les grandes masses évaluées précédemment le risque me parait acceptable, c’est-à-dire qu’au cas où le projet ne fonctionne pas, la perte de l’investissement est acceptable à mes yeux, alors je continue mon travail de réflexion, sinon je dis stop.

Je conseille personnellement de prendre du recul pour mener la réflexion durant cette phase amont au stop ou encore.

Ensuite commence le séquençage. C’est une phase qui prend plus de temps que la précédente et c’est pour cela que je place un premier niveau de décision au préalable, mon temps est précieux et je ne souhaite pas le gaspiller.

Je n’aime pas prendre des risques inutiles, j’essaie donc de voir si je peux imaginer un séquencement intelligent pour mon projet, afin de savoir si mon idée est viable le plus tôt possible, avec un minimum d’investissement et donc un minimum de risques.

Mon idée principale est que si je dois échouer, je dois échouer rapidement et savoir comment le détecter, le savoir au plus tôt dans le déroulement de mon projet me permet de rebondir plus vite.

Les principaux facteurs d’échec que l’on peut rencontrer et dont on doit lever les incertitudes sont, par ordre décroissant de priorité :

  • Il n’y a pas de marché pour le service ou le produit envisagé, sous-entendu qu’on avait une idée d’un produit ou d’un service génial mais dont la cible envisagée n’a pas réellement besoin.
  • La faisabilité technique du produit ou du service n’est pas réalisable ou économiquement viable dans l’état des connaissances actuelles.
  • Le plan marketing et/ou le processus de vente mis en place n’est pas adapté au marché.
  • Le modèle économique n’est pas viable, il y a un besoin pour la cible, mais elle n’est pas prête à payer le produit ou le service à sa juste valeur.
  • La qualité perçue du produit ou du service n’est pas à la hauteur des attentes du marché pour le prix envisagé.

J’essaie toujours dans la mesure du possible de détailler mon investissement pour connaitre la sous partie nécessaire pour lever les 2 premières incertitudes : Y-a-t-il un marché ? Mon produit est-il réalisable ? Dans la mesure du possible, j’essaie de lever l’incertitude marché avant l’incertitude produit. Pour ceux que cela intéresse, je détaille cet aspect dans l’article « Vendre ou Produire en premier ? ».

Ensuite viens la phase d’acceptation, c’est le « Go, No Go ». Si je choisis personnellement l’option « Go », le choix final est fait en concertation avec ma famille dans la mesure où cela l’implique. Puis, si le « Go » final est décidé, alors j’en parle avec toutes les personnes à qui j’ai parlé de mon projet durant la phase de réflexion. En effet, sans pour autant dévoiler ma stratégie, je prends très souvent l’option de parler de mes idées, de les partager pour les enrichir et les faire murir. J’explique plus en détail le fond de ma pensée sur ce point dans l’article « Une idée de business, partager l’idée ou la garder secrète ? »

Ensuite, il ne reste plus qu’à entrer en action, et c’est la phase la plus délicate ou beaucoup d’entre nous ne passent jamais du rêve à la réalité. Il ne faudra donc pas vous contenter de dire j’y vais, allez go !!! Je vous conseille de noter ce que vous devrez avoir accompli dans 3 mois, dans 1 semaine, puis la première action à réaliser le lendemain. Ensuite, le soir avant de vous coucher, relisez plusieurs fois l’action à réaliser le lendemain et visualisez votre vie future si le projet réussit, cela vous permettra, durant votre sommeil, d’associer cette simple première action au résultat final. Votre motivation n’en sera que décuplée le lendemain et vous regorgerez d’énergie. Vous pouvez aussi dévoiler votre intention aux gens qui comptent pour vous, cela vous permettra plus facilement de ne pas abandonner en cours de route par manque de motivation.

image par Cindy Mangomini

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2 Comments

  • Franz

    Reply Reply février 1, 2016

    Encore un très bon article Olivier, Merci à toi. Toutefois, que ce passe t’il Olivier ? Plus de post depuis plus d’un an ? T’es-tu de nouveau laissé séduire par le statut de salarié ? ou pire fonctionnaire ??? 😉 Merci de donner des nouvelles. Tes posts sont majoritairement positifs et encourageants toutefois il serait intéressant d’avoir également un retour sur les conséquences d’un échec. Les « lessons leanrt », y a que ça de vrai après un échec, pourrais en partager avec nous ? Merci d’avance.

    • Olivier PICARD

      Reply Reply février 11, 2016

      Bonjour Franz, je suis toujours en vie ni salarié ni fonctionnaire 😉 Non je travail sur pleins de nouveaux projets et puis concernant ce blog j’ai lancé une formation: « Brûle ton CV ». Elle me prend beaucoup de temps. Je communique plutôt avec ceux qui suivent actuellement cette formation mais je vais bientôt reprendre mes posts. Je communiquerai prochainement des informations que la V2 de cette formation, pense à valider ton inscription à ma mailing list sinon tu ne sera pas tenu au courant. C’est noté pour ta demande je vais préparer un feedback sur mes 2 échecs parmi mes 4 sociétés lancées. Ils ont effectivement été très enrichissant.
      A bientôt, Olivier.

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